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J.O. Numéro 98 du 26 Avril 2002 page 7502
Textes généraux
Décret no 2002-586 du 25 avril 2002 relatif à la délivrance du label « école de
l'internet »
NOR : INDI0220116D
Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, du
ministre de l'éducation nationale et du ministre délégué à l'industrie, aux
petites et moyennes entreprises, au commerce, à l'artisanat et à la
consommation,
Vu le décret no 96-1092 du 13 décembre 1996 modifié portant création du Conseil
général des technologies de l'information ;
Vu le décret no 96-1177 du 27 décembre 1996 portant création du Groupe des
écoles des télécommunications, et notamment son article 5 ;
Vu le décret no 2000-1080 du 7 novembre 2000 portant création du Conseil
stratégique des technologies de l'information ;
Vu l'avis du 22 juin 2001 du Conseil stratégique des technologies de
l'information portant examen de la charte des écoles de l'internet,
Décrète :
Art. 1er. - Il est créé une commission nationale chargée de délivrer le label «
école de l'internet ».
Art. 2. - Cette commission comprend :
1o Quinze membres de droit :
a) Le directeur de l'enseignement supérieur au ministère chargé de
l'enseignement supérieur ;
b) Le directeur de la technologie au ministère chargé de la recherche ;
c) Le directeur du développement des médias ;
d) Le chef du service des technologies et de la société de l'information au
ministère chargé de l'industrie ;
e) Le vice-président et le secrétaire général du Conseil général des
technologies de l'information, qui assure le secrétariat général de la
commission ;
f) Le rapporteur général du Conseil stratégique des technologies de
l'information ;
g) Le directeur général du Centre national de la cinématographie ;
h) Le délégué général à l'emploi et à la formation professionnelle au ministère
chargé de l'emploi ;
i) Le délégué à l'information et à la communication au ministère de la défense ;
j) Le directeur central de la sécurité des systèmes d'information au secrétariat
général de la défense nationale ;
k) Le délégué interministériel à la réforme de l'Etat ;
l) Le délégué à l'aménagement du territoire et à l'action régionale ;
m) Le premier vice-président de la conférence des présidents d'université ;
n) Le premier vice-président de la conférence des établissements et écoles de
formation des ingénieurs ;
2o Trois représentants des collectivités territoriales, désignés sur proposition
des associations représentatives de ces collectivités ;
3o Deux représentants du Groupe des écoles des télécommunications (GET) ;
4o Deux représentants des professions concernées, désignés sur proposition du
ministre chargé de l'industrie ;
5o Deux représentants des écoles ayant reçu le label « école de l'internet ».
Art. 3. - Les membres de droit de la commission peuvent se faire représenter.
Les autres membres de la commission, choisis en raison de leurs compétences
pédagogiques, scientifiques, économiques ou industrielles, sont nommés par
arrêté du Premier ministre pour une durée de quatre ans renouvelable.
Lors de la première nomination des membres de la commission, sont nommées, au
titre du 6o de l'article 2, pour une durée de deux ans, deux personnalités
qualifiées, sur la proposition respective du ministre chargé de l'industrie et
du ministre chargé de l'enseignement supérieur.
Art. 4. - Les demandes de délivrance du label « école de l'internet » sont
instruites, proposées et rapportées :
- par des organismes désignés par arrêté du ministre chargé de l'éducation
nationale, pour les formations de niveau II et III ;
- par le Groupe des écoles des télécommunications, pour les formations de niveau
I.
Art. 5. - Le label « école de l'internet » est délivré pour une durée de quatre
ans renouvelable. Il peut être retiré par la commission, après avis de
l'organisme compétent pour instruire la demande de délivrance du label, si les
conditions au vu desquelles il a été délivré ne sont plus réunies.
Art. 6. - Les critères au vu desquels le label est délivré sont fixés par la
charte des écoles de l'internet, approuvée par le présent décret et publiée en
annexe.
Art. 7. - Le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, la ministre
de l'emploi et de la solidarité, le ministre de l'éducation nationale, le
ministre délégué à l'industrie, aux petites et moyennes entreprises, au
commerce, à l'artisanat et à la consommation et la secrétaire d'Etat aux droits
des femmes et à la formation professionnelle sont chargés, chacun en ce qui le
concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel
de la République française.
Fait à Paris, le 25 avril 2002.
Lionel Jospin
Par le Premier ministre :
Le ministre délégué à l'industrie,
aux petites et moyennes entreprises,
au commerce, à l'artisanat
et à la consommation,
Christian Pierret
Le ministre de l'économie,
des finances et de l'industrie,
Laurent Fabius
La ministre de l'emploi et de la solidarité,
Elisabeth Guigou
Le ministre de l'éducation nationale,
Jack Lang
La secrétaire d'Etat aux droits des femmes
et à la formation professionnelle,
Nicole Péry
A N N E X E
CHARTE DES ECOLES DE L'INTERNET
1. Préambule
Irriguant de façon croissante l'ensemble de la société, les nouvelles
technologies de l'information et de la communication, et notamment l'internet,
bouleversent les modalités de l'échange, du savoir, du pouvoir et de
l'expertise. Marquée par des développements technologiques de plus en plus
rapides, la « révolution numérique » s'accompagne d'une mondialisation des flux
d'information qui offrent un accès nouveau à la connaissance et modifient le
rapport traditionnel entre le territoire, l'identité et l'activité. Cette
dynamique de transformations profondes est en train de dessiner une véritable
mutation de société qui modifie la place de l'homme et que traduit, de manière
concrète, le concept de « société de l'information ».
Cette profonde évolution induit un fort développement et un besoin en personnel
qualifié dans les secteurs des technologies de l'information (informatique,
télécommunications, audiovisuel, multimédia) et, plus largement, dans l'ensemble
des secteurs économiques concernés par l'essor de l'économie et du commerce
électroniques.
Pour faire face à ce besoin, une importante augmentation des effectifs des
filières de formation de haut niveau est intervenue depuis 1998, accompagnant la
mise en oeuvre du programme d'action gouvernemental pour la société de
l'information (PAGSI).
Compte tenu de la diversité des compétences nécessaires et recherchées par les
entreprises et les administrations, une large appréhension des filières de
formation est nécessaire, qui doit ainsi tenir compte de l'ensemble des cursus,
en particulier de formation professionnalisante.
Plusieurs collectivités territoriales ayant exprimé le souhait que soient mises
en place des formations supérieures spécifiquement consacrées à l'internet, le
comité interministériel pour la société de l'information (CISI) du 10 juillet
2000 a indiqué vouloir encourager cette démarche afin de permettre, en trois
ans, l'émergence d'un réseau national « d'écoles de l'internet » dédié à la
formation aux technologies et aux applications de l'internet dans l'ensemble des
secteurs économiques.
2. Présentation du label
La notion de label caractérise un processus de formation et se différencie de
manière fondamentale de la notion d'habilitation (par exemple, telle que
pratiquée par la commission des titres d'ingénieur), qui s'adresse au diplôme
délivré par un établisse-ment.
La création du label « école de l'internet » vise à faire émerger des démarches
au croisement des technologies, des usages et des métiers dans tous les secteurs
d'activités (industrie, commerce, transport, médical, communication, loisirs,
vie civile...) caractérisées par un certain nombre de critères concernant la
finalité, le contenu et l'approche pédagogique. Un tel processus devrait
permettre d'offrir à l'étudiant du xxie siècle une meilleure compréhension de
son futur métier et les moyens de son adaptation professionnelle.
La labélisation doit stimuler les nouveaux usages des sciences et technologies
de l'information et de la communication, répondre à une attente forte de
l'ensemble des entreprises et services publics et inciter à la création
d'entreprises. L'objet de cette démarche est d'entraîner rapidement l'ensemble
des formations supérieures professionnalisantes vers cette profonde mutation
économique et sociale, les besoins de formation se situant à tous les niveaux.
Le label s'adresse aux formations professionnalisantes de niveau I à III en
formation initiale ou en formation continue diplômante. Cela concerne, sans
restriction :
- les formations de niveau I (à bac + 5) de type formation d'ingénieur, école de
commerce, DESS, ... ;
- les formations de niveau II (à bac + 3 ou bac + 4) de type licence
professionnelle, ou IUP ;
- les formations de niveau III (à bac + 2) de type DUT et BTS.
Les formations labélisées fonctionnent en réseau et privilégient un mode de
travail en partenariat, tant avec d'autres institutions d'enseignement qu'avec
des acteurs économiques nationaux et régionaux.
La démarche de labélisation vise à mettre en oeuvre dans tout cursus, existant
ou nouveau, des manières d'être et de faire préparant les étudiants aux
exigences d'une imminente « relation sociétale internétisée ». D'une manière
générale, elle n'implique pas nécessairement la création de nouvelles filières
spécialisées mais peut également valider des cursus déjà existants ou leur
transformation.
Pour l'étudiant (ou le stagiaire de formation continue), le label viendra d'une
part lui apporter l'assurance de trouver, dans le cursus de formation, un
environnement favorable avec des outils adaptés et une pédagogie innovante,
d'autre part lui offrir une meilleure insertion professionnelle dans le domaine
concerné, aux niveaux national, européen et international.
Pour la filière de formation, le label entraînera une plus grande attractivité
pour les étudiants et une plus grande notoriété due à une plus grande ouverture
vers les autres formations et vers les industriels.
Pour les entreprises et les services publics, le label donnera la garantie que
des comportements adaptés à la culture de l'internet ont été introduits dans les
cursus et intériorisés.
3. Critères de labélisation
Les critères de labélisation qui ne manqueront pas d'évoluer avec l'évolution
des technologies, des usages et des services sont définis autour de sept
catégories prescriptives.
3.1. Profil de formation
L'étudiant ayant suivi une formation labélisée maîtrise les technologies de
l'information et de la communication et est capable d'en piloter la mise en
oeuvre. Il est spécialisé dans la conception de nouveaux services selon une
démarche partant des usages et des contenus. Il sait mettre en oeuvre la
technologie de l'internet au meilleur niveau, notamment pour gérer un projet
concernant le déploiement d'une nouvelle activité sur internet.
Dès lors, sa formation, outre la composante scientifique et technologique dans
les domaines des communications numériques, de l'informatique, des systèmes
d'information et des réseaux, accorde une place importante aux sciences
économiques, juridiques, sociales et de gestion.
D'une manière générale, dans tout cursus labélisé, la place réservée aux
enseignements en sciences et technologies de l'information et de la
communication (STIC) et aux enseignements généraux non techniques liés au métier
et/ou à internet (sciences humaines et sociales, économie, droit, etc.) doit
respecter un volume horaire global minimum et, pour chacun de ces deux types
d'enseignement, des proportions minimales. La commission de labélisation en
fixera les règles de façon précise.
Dans le cas des formations d'ingénieurs, il est proposé un volume horaire
minimum de l'ordre de 1 200 heures d'enseignement encadré et au moins 6 mois de
stage effectués majoritairement chez des utilisateurs (entreprises ou
collectivités). Dans ce cursus, le volume horaire consacré aux STIC est au moins
de 50 % et celui consacré aux enseignements généraux non techniques liés au
métier et/ou à internet (sciences humaines et sociales, économie, droit,
management, entrepreneuriat, etc.) est au moins de 30 %.
Pour les autres formations (DESS, écoles de commerce, niveau II et niveau III),
la commission de labélisation proposera les volumes horaires et proportions
minimaux.
La formation comporte un aspect international significatif : le recrutement, les
méthodes pédagogiques, les stages, etc., sont utilisés pour placer les étudiants
dans un contexte international.
3.2. Contenu de la formation
La formation comprend plusieurs catégories d'enseignements. A côté des
enseignements généraux directement liés aux métiers visés par la formation, deux
autres types d'enseignements doivent être proposés. Ils sont d'importance
variable en fonction de la formation concernée et peuvent s'intégrer de façon
progressive dans le cursus. En effet, la démarche pédagogique peut être
différente selon le métier, le niveau et les compétences des étudiants.
Enseignements en sciences des technologies
de la communication et de l'information
Ces enseignements forment le noyau de la formation scientifique et
technologique. Ils concernent : les éléments de la communication numérique
(traitement du signal, compression, codage, cryptologie...), l'informatique et
les systèmes d'information (architecture, algorithmique, systèmes répartis,
langage, génie logiciel, bases de données, sécurité, travail coopératif...), les
systèmes de communication (réseaux, architecture, protocoles, administration,
qualité de service, sécurité...) et les services (mobilité, multimédia...).
Enseignements développés spécifiquement par la formation
Les enseignements développés spécifiquement sont liés aux secteurs d'application
de la formation. Ils bénéficient des compétences présentes localement à travers
la recherche et les activités des entreprises et conservent une grande
pertinence et une grande actualité. Ils comportent un volet sciences et
technologie d'importance variable et développent un volet applicatif lié à un
secteur particulier de la société de l'information. Ils sont le lieu privilégié
d'intervention de professionnels et donnent lieu à des études et à la
réalisation de projets menés en relation étroite avec eux. Ces enseignements
visent, par exemple, à permettre aux étudiants de s'adapter au contexte complexe
que créent les nouveaux modèles de l'économie (« e-services », ...).
3.3. Pédagogie
La pédagogie constitue un critère important de la labélisation. Elle porte à la
fois sur les méthodes, les techniques, les ressources et les stages, en
privilégiant la mise en situation.
Méthodes pédagogiques
La pédagogie vise à rendre, en permanence, les étudiants acteurs de leur
formation. Elle accorde une très grande place aux projets personnels de ceux-ci.
Les enseignants, en plus de transmettre leurs connaissances, éclairent les choix
des étudiants en les aidant à affiner leur projet professionnel. Ils constituent
une ressource que les étudiants doivent apprendre à mettre mieux à profit. Dans
ce but, l'enseignement magistral doit rester limité pour laisser une place
suffisante à l'enseignement tutoré : auto-formation, travaux dirigés, travaux
pratiques, travaux personnels encadrés, projets en groupe, notamment dans le
domaine des applications de l'internet, etc.
Complémentaires des apports des enseignants, ceux des professionnels du domaine
sont aussi très enrichissants étant donné les objectifs visés. L'école aura donc
intérêt à s'adjoindre un important corps de vacataires issus du monde
économique, ces derniers transmettant aussi des connaissances mais surtout des
savoir-faire. Ils recourent largement à des méthodes pédagogiques permettant des
mises en situation sur des cas réels rencontrés en entreprise (études de cas,
projets de groupe, stages, ...).
Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement :
Les technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement
(TICE) sont, tout naturellement, présentes dans les formations labélisées. Elles
autorisent des formes pédagogiques telles que l'auto-formation ou les
enseignements en ligne mettant en relation des personnes éloignées les unes des
autres.
Elles s'ajoutent ou elles s'intègrent à l'utilisation des outils classiques,
informatiques ou non, propres au secteur d'activité.
L'enseignement utilise les TICE : enseignement à distance interactif,
visioconférence, personnalisation des parcours individuels par l'association de
l'auto-formation et du tutorat, capitalisation des expériences acquises par
l'exploitation des possibilités offertes par le forum électronique. Les TICE
préfigurent également les outils dont l'étudiant disposera dans son
environnement professionnel et qu'il sera amené à utiliser pour la formation
complémentaire qu'il devra acquérir en permanence au cours de sa carrière.
Ressources
La formation doit permettre aux étudiants un accès aisé et permanent à des
ressources informatiques et à l'internet à haut débit. Des plates-formes
technologiques, susceptibles de tester en grandeur nature des services nouveaux
pour en évaluer l'impact, doivent aussi pouvoir être accessibles dans
l'environnement immédiat de l'école.
Stages en entreprise
Les stages, d'une durée d'environ six mois, visent à mettre les étudiants en
situation dans un environnement représentatif du secteur économique aval de la
formation. Outre la mise en oeuvre des connaissances et des compétences acquises
au cours de la formation, ils doivent permettre l'étude approfondie du contexte
dans lequel ils se déroulent (organisation, relations entre les acteurs, enjeux
économiques, ...). Pour ces raisons, ils doivent s'effectuer essentiellement
chez des utilisateurs (entreprises ou collectivités) et si possible dans un
contexte international.
3.4. Fonctionnement en réseau et partenariats
Les formations labélisées constituent un réseau. C'est un élément fort de la
notion de « label » et, à ce titre, le réseau doit favoriser les échanges
d'expérience, promouvoir l'élaboration de standards communs et permettre, dans
la mesure du possible, la mutualisation de ressources (processus de sélection
des candidats, échanges d'enseignements ou d'enseignants, échanges d'étudiants,
complémentarité des spécialisations, ...). Les membres du réseau feront circuler
régulièrement entre eux des informations sur leurs actions de manière à faire de
ce mode de fonctionnement une réalité.
Très orientées vers les services, les formations labélisées peuvent développer
des partenariats institutionnels visant des formations connexes (architecture,
art, management, environnement, santé, etc.).
Elles se doivent d'associer les partenaires économiques (nationaux et
internationaux) à leur fonctionnement. Elles s'assurent le concours de ces
acteurs qui contribuent à l'élaboration des programmes de formation et de
recherche, interviennent dans la formation et participent à leur financement.
Des représentants du secteur aval siègent dans leurs instances d'orientation et
de décision.
La localisation géographique des formations labélisées doit favoriser les
échanges avec un tissu économique local utilisateur de STIC. Pour éviter tout
déséquilibre quant à l'offre, le réseau s'intégrera dans un schéma de cohérence
territoriale qui s'élaborera au fur et à mesure du déploiement du réseau. La
commission de labélisation (voir chapitre 4) pourra à cette occasion faire des
recommandations de regroupement aux formations qui postulent si des problèmes
territoriaux se posaient.
3.5. Recherche et valorisation
La recherche, menée par les enseignants permanents, est une composante
importante des formations labélisées. L'attention portée à la recherche relève
de deux types de démarche : soit le travail en collaboration avec des
laboratoires de recherche, soit la conduite de travaux de recherche au sein de
la formation elle-même.
S'agissant des formations labélisées, c'est une préoccupation liée à la
prééminence de l'innovation dans un contexte très concurrentiel qui rend
indispensable une forte activité tournée vers la recherche appliquée. Le
fonctionnement en réseau offre la capacité de développer ces travaux en
partenariat étroit avec le secteur économique aval principalement, mais
également avec d'autres établissements et centres de recherche.
La recherche est principalement orientée vers le secteur applicatif qui fait
l'objet des sujets des enseignements développés spécifiquement par la formation.
Elle accorde une large place aux usages émergeants. Une recherche exploratoire
doit maintenir le haut niveau de compétence du corps enseignant et créer un
socle méthodologique des recherches plus appliquées. Les formations, du fait de
leur vocation, disposent de moyens appropriés leur permettant la conception de
services innovants utilisant les Technologies de l'information et de la
communication.
C'est en particulier le cas des plates-formes d'expérimentation, équipements
innovants de communication et de diffusion en réseau permettant d'expérimenter
de nouveaux services et d'en estimer les capacités de passage à l'échelle pour
un grand nombre d'usagers.
3.6. Entrepreneuriat
La vocation pour l'entrepreneuriat est encouragée dans les formations labélisées
à travers l'enseignement et la recherche, le secteur des technologies de
l'information et de la communication demeurant un secteur porteur et propice au
développement économique local, national et international.
Ainsi, les formations intègrent dans leur programme une sensibilisation à l'entrepreneuriat.
Elles proposent également une préparation à la création d'activités et
d'entreprises par des enseignements spécifiques (ex : créativité, gestion de
projet, services et usages de TIC, propriété intellectuelle, transfert
technologique, éléments de droit des sociétés et droit du travail, ...) ainsi
qu'un accompagnement et un soutien opérationnel à la création (ex : incubateur,
formation spécifique, conseil d'experts scientifiques, juridiques et de chefs
d'entreprises, ...) notamment tourné vers les marchés internationaux. Pour cela,
les formations labélisé s'appuieront sur le réseau et sur les partenaires
économiques locaux, en concertation avec les incubateurs régionaux.
L'entrepreneuriat peut également constituer une forme de valorisation de
concepts de services innovants isus de l'effort de recherche dont il constitue
un prolongement naturel.
3.7. Formation continue
La formation continue doit exister dans le cadre des formations candidates à la
labélisation car les besoins identifiés en TIC ne peuvent être satisfaits par la
seule formation initiale. La formation continue apportera un complément
indispensable.
Ainsi, conformément au point 2, le label s'adresse aux formations
professionnalisantes en formation initiale ou en formation continue diplômante.
Cette dernière permet ainsi l'évolution professionnelle de personnels
expérimentés dans les TIC en ayant révélé leur potentiel (formation
promotionnelle diplômante). Dans ce cas, elle doit permettre l'accès à la
formation à des personnes présentant des profils atypiques grâce à la validation
des acquis professionnels et personnels, éventuellement dans un cursus
spécifique.
Au-delà de sa composante diplômante, la formation continue apporte aux
entreprises les formations rendues particulièrement indispensables par les
constantes mutations se produisant dans le domaine des technologies de
l'information et de la communication, et en particulier dans le domaine de
l'internet.
Elle concerne les personnes en activité et, en particulier, celles qui sont
issues des formations labélisées pour l'actualisation de leurs connaissances.
Elle anticipe l'évolution professionnelle vers les TIC de personnels exerçant
dans d'autres secteurs d'activité (réorientation). Elle accompagne les
transformations des métiers imposées par les mutations de l'activité économique
(reconversion).
Une offre sur mesure permettra de répondre aux demandes du secteur économique
aval. Les formations labélisées mettent en oeuvre à cette occasion des formes
pédagogiques exploitant largement les ressources des TICE pour proposer des
formations à distance associant des enseignements en ligne avec un tutorat de
qualité, adaptées au contexte particulier du client.
4. Attribution du label
La procédure d'attribution du label décrite ci-dessous est distincte du
processus d'habilitation, supposé intervenu antérieurement.
4.1. Processus de labélisation
Les formations doivent mettre en valeur leurs spécialisations en STIC et la
pertinence de leur adéquation avec les métiers liés à l'internet.
Elle doivent justifier de leur aptitude et leur engagement à participer de façon
active et constructive au réseau constitué par l'ensemble des écoles de
l'internet.
Les candidats constituent un dossier décrivant les principales caractéristiques
du processus de formation, en apportant des réponses précises aux critères de
labélisation fixés dans le présent cahier des charges.
4.2. Attribution du label
Le label « école de l'internet » est attribué par une commission de labélisation,
comportant notamment des représentants des administrations chargées
respectivement de l'éducation nationale, de la recherche, de l'aménagement du
territoire, de la culture et de la communication, de la défense, de la réforme
de l'Etat, de l'industrie et des technologies de l'information, un représentant
du secrétaire général de la défense nationale, des représentants de
collectivités locales, des représentants du Groupe des écoles des
télécommunications (GET) et du réseau « école de l'internet », ainsi que des
représentants du monde professionnel. Elle peut s'adjoindre en tant que de
besoin un nombre défini d'experts ad hoc.
Les dossiers examinés par la commission de labélisation sont instruits, proposés
et rapportés :
- par le Groupe des écoles des télécommunications (GET) pour les formations de
niveau I ;
- par des organismes désignés par le ministre chargé de l'éducation pour les
formations de niveaux II et III.
Le label est accordé pour une durée de quatre ans, renouvelable en tenant compte
notamment du suivi de l'évolution professionnelle des diplômés de la formation.
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